Du Domaine de la Veyssière

Du Domaine de la Veyssière Berger hollandais

Berger hollandais

Shunt Porto-systémique ou shunt Porto-cave ou shunt Hepatique

Vous trouverez les explications ici, tous mes reproducteurs sont indemnes, diagnostic effectué par Amoniac Tolerance Test, à la Clinique vétérinaire Sanilhac, 24660.



https://www.fregis.com/infos_sante_pathologie_chien_detail.php?entree=&mod=patho&id=88

Pourquoi le diagnostic par ATT ?

POINT INFO SANTÉ — LE SHUNT PORTO-SYSTÉMIQUE : POURQUOI JE DÉPISTE MES REPRODUCTEURS DEPUIS PLUS DE 20 ANS

Au Domaine de La Veyssière, la sélection d’un reproducteur ne s’arrête évidemment pas à sa morphologie, à sa couleur ou à son pedigree.

Depuis plus de 20 ans, j’accorde une attention particulière au dépistage du shunt porto-systémique, notamment chez mes reproducteurs.

Mais qu’est-ce qu’un shunt porto-systémique ?

UNE ANOMALIE VASCULAIRE CONGÉNITALE

Le foie reçoit normalement une grande partie du sang provenant de l’appareil digestif par la circulation porte.

Lorsqu’un chien présente un shunt porto-systémique congénital, un vaisseau anormal permet à une partie plus ou moins importante de ce sang de contourner le foie pour rejoindre directement la circulation générale.

Le foie reçoit alors moins de sang portal et certaines substances qui devraient y être métabolisées ou détoxifiées passent directement dans l’organisme.

Il peut s’agir d’un shunt extra-hépatique, plus fréquemment observé chez les chiens de petite taille, ou intra-hépatique, davantage rencontré chez certaines grandes races.

🐾 QUELS PEUVENT ÊTRE LES SIGNES ?

L’un des problèmes du shunt porto-systémique est précisément que ses manifestations peuvent être extrêmement variables.

Certains chiens présentent rapidement des symptômes importants, tandis que d’autres peuvent rester relativement discrets pendant longtemps.

Parmi les signes possibles :

• retard de croissance ou petit gabarit ;
• mauvaise prise de poids ;
• troubles digestifs intermittents ;
• vomissements ou diarrhées ;
• baisse d’appétit ;
• fatigue inhabituelle ;
• comportement anormal après les repas ;
• désorientation ;
• démarche hésitante ;
• tête appuyée contre les objets ;
• tremblements ;
• hypersalivation ;
• troubles neurologiques ou crises convulsives dans les formes sévères ;
• troubles urinaires ;
• cristaux ou calculs d’urate d’ammonium.

Ces manifestations peuvent être intermittentes, ce qui explique qu’un chien atteint puisse parfois sembler parfaitement normal entre deux épisodes.

COMMENT LE DÉPISTER ?

Il existe plusieurs examens permettant d’explorer la fonction hépatique et la circulation porto-systémique.

Parmi les plus connus se trouve le dosage des acides biliaires, à jeun et/ou après stimulation alimentaire.

C’est un examen intéressant et sensible pour le dépistage d’une anomalie de la fonction hépatique ou d’un shunt.

Mais il possède aussi des limites : une augmentation des acides biliaires n’est pas spécifique du shunt porto-systémique. Elle peut être observée dans différentes maladies du foie ou anomalies de circulation hépatique.

Un résultat anormal doit donc toujours être interprété dans son contexte et peut nécessiter des investigations complémentaires.

De mon côté, depuis plus de 20 ans, j’ai également recours au dosage de l’ammoniémie et au test de tolérance à l’ammoniaque dans le cadre du dépistage de mes reproducteurs.

L’ammoniaque est normalement transformée par le foie, notamment en urée.

Lorsqu’une quantité importante de sang contourne le foie, sa capacité à éliminer cette ammoniaque peut être dépassée et son taux sanguin peut augmenter.

Le test de tolérance à l’ammoniaque évalue précisément la capacité de l’organisme à éliminer une charge d’ammoniaque.

Historiquement, ce test s’est révélé extrêmement sensible pour mettre en évidence un shunt porto-systémique.

Les études vétérinaires montrent cependant aujourd’hui qu’aucun test biologique ne doit être considéré isolément comme parfait : ammoniémie, test de tolérance à l’ammoniaque et acides biliaires sont des examens complémentaires.

Lorsque l’on suspecte réellement un shunt, le diagnostic et surtout sa localisation reposent ensuite sur l’imagerie : échographie Doppler spécialisée, scanner avec angiographie, voire d’autres examens vasculaires.

ET LA GÉNÉTIQUE ?

C’est probablement l’un des éléments les plus importants lorsqu’on parle de sélection.

Il existe clairement des prédispositions raciales au shunt porto-systémique congénital.

Le Teckel fait partie des races pour lesquelles une prédisposition au shunt porto-systémique extra-hépatique a été rapportée dans la littérature vétérinaire.

Cela constitue un argument sérieux en faveur d’une composante génétique.

En revanche, on ne peut pas aujourd’hui résumer sa transmission à : « un gène dominant » ou « un gène récessif ».

Les travaux réalisés dans différentes races montrent au contraire que le déterminisme peut être complexe et probablement polygénique, et qu’il peut différer selon le type de shunt et selon la race.

Autrement dit :

➡ l’absence de test ADN simple ne signifie absolument pas absence de composante génétique ;

➡ une prédisposition raciale justifie au contraire une vigilance particulière dans le choix des reproducteurs.

🐶 POURQUOI DÉPISTER LES REPRODUCTEURS ?

Parce qu’en élevage, mon objectif n’est pas seulement de constater qu’un chien ne présente aucun symptôme.

Il est de sélectionner le plus en amont possible.

C’est pourquoi mes reproducteurs font l’objet depuis de nombreuses années d’un dépistage destiné à réduire autant que possible le risque de maintenir dans mes lignées une prédisposition à cette anomalie.

Cela ne permet jamais de promettre un risque zéro : en biologie et en génétique, une telle garantie n’existe pas.

Mais sélectionner des reproducteurs contrôlés, connaître ses lignées et éliminer de la reproduction les sujets présentant des anomalies constitue précisément le principe d’une sélection sanitaire raisonnée.

Chez moi, le diagnostic ne commence donc pas lorsqu’un chiot présente des symptômes.

Il commence plusieurs générations auparavant, au moment du choix de ses parents.

Sélection — Santé — Traçabilité — Connaissance des lignées

Parce qu’un véritable travail d’éleveur se construit aussi sur ce que l’on cherche à éviter.

Élisabeth Massoubre
Domaine de La Veyssière

Pourquoi le diagnostic par ATT ?